23
Aug 10

La fange aux Français !

« Il n’y a pas de place dans le paysage éditorial français pour des journaux du type du Sun ou de Bild. Ici, ce n’est pas dans les mœurs. »

[Source]

Il y a les chercheurs qui cherchent, et ceux qui décrètent. Un des sociologues interviewés par Augustin Scalbert pour son papier sur l’éventuel virage éditorial « trash » de France-Soir semble faire partie de la seconde catégorie. A moins, bien sûr, qu’il ait effectivement dirigé une étude sur les attentes des Français en matière de tabloïds. Auquel cas, je serai ravi de la lire.

Soyons sport avec ce chercheur, il n’est pas le seul à penser qu’un Sun ou qu’un Bild à la française ne trouverait pas son public. Beaucoup en ont manifesté l’idée, à l’époque ou Jean-Pierre Brunois voulait – déjà – trashiser France-Soir (en 2006, si je ne m’abuse) ou, plus récemment, quand Springer a tenté d’imposer son Bild français, en 2008. Il faut dire que les deux projets ont capoté. Le premier à cause de la levée de boucliers qui a accueilli Brunois qui, pour de nombreuses raisons internes à France-Soir, n’a pas pu aller au bout de son idée. Le second, car il fut d’une part l’objet d’une terrible contre-attaque du groupe Amaury (Le Parisien) et de son projet Kill Bild et, surtout, car Springer ne se satisfaisait pas du quasi monopole de l’antédiluvienne et conservatrice corporation des NMPP. Comme Augustin le note dans son papier, Springer estimait que le nombre de points de ventes était insuffisant pour la distribution d’un journal populaire, principalement vendu comme un objet de consommation courante (au drugstore, par exemple).

Mais en quoi ces deux échecs sont-ils la preuve que le public français ne veut pas de presse trash ? Parce que les Français disent vouloir une presse de « qualité », celle qu’ils n’achètent pas et qui vit grâce aux subventions de l’Etat  ? Mais ils disent tous ça… Réponse de prestige oblige, celle qui fait qu’Arte est toujours bien placée dans les sondages sur les chaînes préférées du public, mais toujours en queue de peloton dans les relevés quotidiens de Mediametrie .

Les chiffres sont têtus. Chaque semaine, la presse people vend près de deux millions d’exemplaires. VSD, selon les chiffres communiqués par son éditeur, a très bien négocié son virage éditorial amorcé au mois d’août, avec son style plus… direct. Les ventes ont été bien au-dessus des espérances pour les deux premiers numéros de la nouvelle formule. Sur Internet, l’exemple du Post, pureplayer le plus proche de l’esprit tabloïd, cumulait 3,2 millions de VU Nielsen fin 2009. Oserais-je citer Jean-Marc Morandini et son site d’actu média ? Oui j’ose.  Enfin, tous ceux qui bossent en éditorial sur le web vous le diront (même Rue89), le trash fait vendre, le trash fait cliquer.

Et si sur Slate, Rue89, Le Point, Le Figaro et d’autres sites très sérieux, les sujets culs, météos ou insolites sont les plus consultés, sur Voici, l’an dernier, les articles les plus lus concernaient… des hommes et des femmes politiques. Le mélange des genres semble bel et bien plaire. Dire que le public français n’est pas prêt à acheter un tabloïd – mélange des genres par excellence -  est une grossière erreur. C’est peut-être vrai – et c’est sûrement faux -, mais c’est une bêtise que de le décréter avant qu’une véritable expérience tabloïd ait été lancée chez nous, avec ses faits divers atroces joliment illustrés (coucou Paris Match), ses photos choc en fonds perdus en Une, ses scandales politiques, ses meufs à poil en page 3… Bref, la formule sang sexe scandale, avec une touche d’humour et un bon editing car ceux qui le lisent savent que c’est là le plus grand talent du Sun. Le premier qui dégainera un tel titre, en l’assumant à fond, remportera la partie.

L’autre réserve, évoquée par un autre sociologue des médias, Jean-Marie Charon, était celle de la faisabilité :

« Pour arriver à alimenter la machine, qui repose sur l’intérêt du public, il faut des photos trash, des indiscrétions… Et donc, beaucoup de journalistes pour les apporter. Ensuite, il faut arriver à diffuser de grandes quantités de journaux pour rentabiliser ces investissements.»

[Source]

J’invite Jean-Marie Charon à visiter un jour une rédaction. Ce qu’il décrit est le boulot de n’importe quel journaliste, les photos trash en plus. Pour n’importe quel canard, pour arriver à alimenter la machine, qui repose sur l’intérêt du public, il faut des photos et des indiscrétions… Et donc,  des journalistes pour les apporter (pas forcément beaucoup, des bons suffisent). Un journal qui ne fait pas ça est un mauvais journal qui recopie des communiqués de presse. Ou un journal municipal qui, pour le coup, fait très bien son boulot.




11
Aug 10

Nevrospiral, le Meyer bouquin de la rentrée

Il y avait longtemps que je m’étais pas pris une claque en lisant un bouquin. Trois mois. La dernière fois, c’était avec Versus, d’Antoine Chainas. Une écriture qui sonne et qui te sonne, un coup au plexus, comme l’a écrit Bonnefous à l’époque de sa sortie.

Ce week-end, c’est Patrick Olivier Meyer et son Nevrospiral qui me l’ont collée. Une claque pop et hallucinée, douce et acide comme les nouvelles fraises tagada roses clair. Nevrospiral, c’est l’histoire de quatre dingos. Ian, fasciné par les blondes à en perdre la raison et son boulot. Anita, ado cokée de 29 ans hypocondriaque et irresponsable dans le corps de Zahia. Richard, vieille rockstar toujours en activité, sur scène et au pieu. Et Samuel, juste fou et c’est déjà pas mal. Quatre récits superposés qui commencent comme du Douglas Coupland mâtiné de Nick Hornby et qui finissent comme un mauvais rêve. C’est furieusement drôle, de cet humour décalé et bubble gum du Meyer journaliste que j’ai rencontré en arrivant dans la rédaction où je suis toujours (DISCLAIMER : oui oui, ça été mon boss, il ne l’est plus depuis longtemps, ce post n’est pas rédigé sous la contrainte). Il m’a confié qu’on lui a pas mal dit que son livre était dark. C’est vrai, il l’est un peu. Mais moi, j’ai ri, beaucoup.

Une phrase, qui résume bien le bordel : « Il a les cheveux jaunes et sur son tee-shirt est inscrit en lettres de sang I want entertainment »

Nevrospiral – Patrick Olivier Meyer - Calmann-Lévy – Sortie le 18 août.




01
Aug 10

Le Figaro, la comptable et le paparazzi

En lisant le Figaro, jeudi, je suis tombé sur cette photo de Claire Thibout, illustrant un papier sur une énième audition dans l’affaire Woerth Bettencourt.

Une image qui m’a fait penser à une de ce genre-là, qu’on trouve très régulièrement dans les envois de nos agences spécialisées.

Non pas que Claire Thibout m’évoque Paris Hilton. Mais supris j’étais de la démarche du Figaro, qui se lance dans la photo volée quand ça lui chante. Celle de Thibout sent bon le boulot de paparazzi et a dû être payée un bon prix par la rédaction d’Etienne Mougeotte (ou, hypothèse à peine croyable, a été prise par un mec des RG et refourguée gratis au canard) . Il n’est d’ailleurs pas innocent que le cliché soit crédité en D.R. par le quotidien, comme le relève Arrêt sur images.

Grâce à nos belles lois et à leur interprétation saugrenue par certains tribunaux de la région parisienne, Claire Thibout est fondée à attaquer Le Figaro. Et susceptible de gagner… La photo représente l’ex-comptable de Lilianne Bettencourt dans un moment de vie privée. Celle-ci ne semble pas vraiment au courant qu’elle est shootée (avec un téléobjectif, soit dit en passant). Il serait donc assez étonnant qu’elle ait donné son autorisation de publication. Et le fait que le cliché soit pris dans un lieu public ne change rien à l’affaire : Claire Thibout n’y est pas photographiée dans l’exercice de la fonction qui l’a amenée à être propulsée dans l’actualité et ce que l’on y voit est sans rapport avec le fond de l’article. On y parle audition, on la montre en train de faire ses courses.

Avec un avocat compétent, si elle venait à manquer d’argent, Claire pourrait extorquer quelques milliers d’euros au Figaro




09
Jul 10

Se taire, c’est informer

J’ai une nouvelle amie, Muriel Marland-Militello. “Déterminée à ce qu’une certaine conception de la presse ne devienne jamais la règle dans les médias français”, cette dame  estime que “le droit d’informer doit se fonder sur une information obtenue de manière légale, loyale, et elle doit être exacte, objective, pertinente et répondant aux exigences fixées par la loi et la jurisprudence”.  Ainsi, pour elle, “toute violation de ces principes est inacceptable et doit être condamnée, à commencer par les journalistes eux-mêmes afin de sauvegarder leur déontologie”.

Ah ah ! Judiciariser un peu plus le journalisme pour sauvegarder la liberté de la presse et notre déontologie. Une bien belle sortie, du genre: « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage.  L’ignorance, c’est la force. ». Rappelons par ailleurs que la France dispose de l’article 9 CC qui empêche déjà la presse de faire son travail.

Si vous avez des informations amusantes sur cette Muriel Marland-Militello, n’hésitez pas à contacter la rédaction la plus proche de chez vous. Qu’on rigole un peu.




08
Jul 10

Il faut sauver le petit Nicolas

Cher Nicolas,

tu as ignoré mes tweets où je te proposais mes services pour allumer des contre-feux people à l’affaire Woerth-Bettencourt.

A la place, tu as envoyé tes pires lieutenants vociférer dans les médias. Nadine Morano et sa classe légendaire, Xavier Bertrand et son sens de la mesure, Eric Besson et sa crédibilité de traître. Ne parlons pas des dizaines de militants UMP qui tentent de défendre leur camp, dans les commentaires des papiers des grands médias, sur Twitter, sur Facebook… Maladroitement, évidemment.

Bilan, deux jours après le papier explosif de Médiapart, c’est toujours un beau bordel. Puisque tu ne daignes pas m’appeler pour me demander conseil, je t’écris ce post, juste pour toi. Tu trouveras un mode d’emploi pour détourner l’attention des médias et donc, des Français. Attention, va falloir mouiller le maillot.

Souviens-toi l’hiver dernier, l’affaire Bruni-Biolay. Il faut que tu refasses la même chose. Mais en plus wouhaa. En beaucoup plus wouhaa. La France aime les losers, Nicolas. Les moquer, les plaindre, aussi. Et chez les losers, ceux qu’elle préfère, ce sont les cocus. Souviens-toi 2007.

Voilà ce que tu vas faire. En semaine 1, tu envoies Carlita séduire un acteur/chanteur/philosphe/homme d’affaire apprécié dans Paris, doté d’un bon réseau. Dans le même temps, fais courir le bruit qu’entre elle et toi, c’est un peu tendu. Choisis des interlocuteurs de confiance. Si eux ne parleront pas, leur entourage est susceptible de le faire. Ils auront du crédit.

Semaine 2 : Laisse Carlita s’afficher avec sa proie, en tout bien tout honneur. Il faut qu’ils apparaissent sur des photos officielles, sans toutefois donner l’impression qu’il se passe quelque chose. Cela servira plus tard à accréditer la thèse d’une relation entre eux, sans la prouver. Assure-toi que les rumeurs de tensions dans ton couple se diffusent tout doucement chez les hauts-fonctionnaires et tes proches politiques.

Semaine 3 : Si tout va bien, le bruit sur tes problèmes de couple va toucher les journalistes. Aucun n’osera le sortir, mais ils ne pourront pas s’empêcher d’en parler en off. Très rapidement, la rumeur de tension va se transformer en rumeur de séparation et va dépasser le cercle journalistique pour atteindre des relais d’opinions un peu moins puissants, mais plus bavards. Il n’y aura toujours aucune preuve, mais ça jasera.  Pendant ce temps, demande à Carlita de passer du temps avec sa proie au vu et au su de son entourage proche.

Semaine 4 : Débrouille-toi pour qu’une série photos de Carlita et de sa proie soit réalisée. Dans l’idéal, il faudrait les voir entrer au domicile de son supposé amant, tard dans la nuit. Fais circuler cette série dans des rédactions amies, qui en prendront connaissance mais qui ne la publieront jamais Ô grand jamais. Dans toute rédaction amie, tu as des ennemis, qui s’empresseront, eux, de faire savoir que des photos de Carlita et X tournent. A ce moment-là, ça va commencer à s’affoler pour de bon. Médiapart va continuer sur Woerth, mais dans les dîners en ville, à Paris et en Province, on ne parlera que de tes mésaventures de couple.

Semaine 5 : Si tu as le bon timing, la semaine 5 correspondra à ta semaine de congés. L’air de rien, fais semblant de déminer ce que tu as toi-même instillé en posant très amoureux sur les plages du Cap Nègre avec Carlita. Faites-en trop tous les deux, qu’on pense que vous avez quelque chose à cacher. Les rédactions amies voleront à ton secours en diffusant les photos.

A partir de là, tu laisses reposer. Normalement, au mois d’août, peu de journalistes fouille-merde viendront t’ennuyer. Juste avant la rentrée, Carlita et toi, vous avisez. Si l’affaire Woerth s’est tassée, passez à autre chose. Si ça reprend, on enchaîne avec la phase 2, en semaine 9.

Semaine 9 : Si tu en arrives à la semaine 9, c’est que les affaires se compliquent pour ta pomme. Il va falloir frapper fort. Tu te souviens, tu as fait une série de photos volées en semaine 4. Fais la passer en Grande-Bretagne, au Sun ou au Daily Mail. Compte sur eux, ils la balanceront sans se poser de questions. Les Français, trop couards jusqu’alors, vont se découvrir comme un envie de faire du people. Sans risque, puisqu’ils reprendront les infos des Anglais en disant que quand-même-c-est-dégeulasse-regardez-ce-qu-il-font-les-rosbeefs-nous-on-est-pas-comme-ça. A ce moment-là, Médiapart pourra sortir ce qu’ils veulent, plus personne ne les écoutera. Evidemment, quand les Anglais publieront la paparazzade de Carla et de sa proie, tu garderas un silence indigné pendant quelques jours. Puis tu feras une déclaration scandalisée en expliquant que vous souffrez beaucoup, elle et toi, de ces calomnies. Essaie tout de même de faire un peu pitié, de jouer l’homme blessé, que le public soit convaincu de ton statut d’homme trompé. Là, le ramdam va être au max. Couvertures, émissions télé, il va falloir serrer les dents, on ne va parler que de toi. Tes adversaires se régaleront de te voir à terre, cocufié en mondovision, tes partisans serreront les rangs, émus par ton humanité. Mais les uns comme les autres, ils oublieront rapidement tout scandale politico-financier…

Et si tu as encore besoin de moi en semaine 10, appelle-moi. J’ai plein d’idées, tu sais. (Au fait, j’espère que tu as gardé le numéro de Rachida.)




03
Jul 10

Plan B, faites ce qu’on dit…

… pas ce qu’on fait. Voilà qui pourrait être la devise du site Plan B, énième collectif de critique de médias (vous savez, ces gens qui, comme ceux d’Acrimed, estiment que tout journaliste qui ne pense pas comme eux fait défaut de neutralité – voire est vendu au grand capital).

Plan B, donc, s’est amusé à houspiller David Pujadas à la sortie de France 2 le 30 juin dernier, comme le raconte le journaliste à la retraite, Bruno Roger-Petit sur LePost. Taggage du scoot de Pujadas, remise d’une “laisse d’or”, vives critiques hurlées, nos commissaires du peuple veulent frapper fort, comme ils le racontent sur leur site dans un papier où ils soulignent la couardise de David Pujadas lors de cette agression festive.

“David Pujadas prend alors ses jambes à son cou pour s’engouffrer dans l’immeuble de France Télévisions, où le sas de sécurité le retient une bonne trentaine de secondes, le temps pour l’assistance de se disperser dans la bonne humeur. On le verra ensuite donner l’ordre aux vigiles de recouvrir la selle plaquée or de son carrosse d’une bâche en plastique. Après quoi il grimpera dessus et quittera fièrement les lieux dans une explosion de dorures et de vrombissements.

David Pujadas n’a pas souhaité donner plus de retentissement à son embouffonnage.”

Nous soulignerons que nos fiers militants assument tellement leur action qu’ils ont pris le soin de flouter leurs visages sur les photos qui illustrent leur post.

Notons aussi que chez Plan B, on aime critiquer les autres, mais on aime pas se faire critiquer. Alors on ne met pas en place de système de commentaire des articles…




01
Jul 10

Les pépiement de l’AFP

Ce matin, le tout-Twitter tombe à bras raccourcis – et à raison – sur l’énième maladroite tentative de Jean-Michel Aphatie de défendre la corporation des “journalistes à l’ancienne”. Et oublie la petite attaque de Bruno Duvic, le très moraliste journaliste responsable de la revue de presse de France Inter, balancée ce matin.

“Plus le temps de délibérer, de réfléchir, de se poser… C’est une société désynchronisée que décrit le philosophe Hartmut Rosa. Et cette question de la vitesse se pose aussi à la presse. Hier, pour la première fois je crois, l’Agence France Presse s’est appuyée sur Twitter comme source d’information pour une dépêche urgente.

La presse la plus sérieuse risque-t-elle d’être réduite à quelques pépiements ? Chantier en cours…”

Bruno Duvic, France Inter, 1er juillet 2010

Si Bruno Duvic avait pris le temps de lire l’Urgent de l’AFP, il aurait vu que l’agence ne s’était pas “appuyée sur Twitter”, mais sur le tweet du député Yannick Favennec, qui rapportait les propos de Nicolas Sarkozy lors d’une réunion des députés UMP à l’Eysée. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Note pour plus tard, donc : parce qu’il s’exprime sur Twitter, la parole d’un député est réduite à un “pépiement”.




29
Jun 10

Axel Ganz, Voici, et les größe tirages…

Elle nous ferait pas une petite fixette sur Voici, Isabelle Giordano ? Axel Ganz a été parfait, comme d’hab. <3




21
Jun 10

Merci les Bleus !

Je dois vous avouer un terrible secret. Il y a deux mois, je ne connaissais pas les noms de Ben Arfa, Benzema, Govou. Il y a trois jours, je ne savais même pas qui était le capitaine de l’Equipe de France de foot. Depuis, l’affaire Zahia et l’Anelklash sont passés par là et ont réussi là où France 98 avait échoué : me faire acheter l’Equipe pour la première fois de ma vie.

Après la politique, au tour du foot de se voir pipolisé : c’est désormais moins les fonctions que les hommes qui intéressent la presse. 4-4-2, 4-2-3-1, couloir gauche, couloir droit, on s’en fiche. Alors que demain, l’équipe de France joue son infime chance de ne pas se faire éjecter de cette coupe du monde sud-africaine, pas une ligne sur le match contre les Bafanas, ou presque, dans la presse ce matin. Doit-on le déplorer ?

Faut-il condamner cette Endemolisation des aventures des Bleus, où Gourcuff est traité comme un Mickaël Vendetta dans la Ferme Célébrités, où Anelka se fait virer comme un Léo dans Secret Story, où Zahia, l’escort, nous joue une Cindy Lopez plus vraie que nature, où Patrice Evra, enfin, dénonce un traître, comme dans toute bonne émission de téléréalité d’enfermement ? Non, évidemment non.

Faut-il, comme certains l’ont fait ce week-end, avec force mauvaise foi, condamner le journal l’Equipe pour son édition de samedi ? Non, évidemment non. Le quotidien a fait son travail, presque aussi bien que l’auraient fait le Sun et consorts si les Bleus avaient été Anglais.

Cette coupe du monde partait pour être d’un ennui considérable, avec des matches nuls en veux-tu en voilà et des Français incapables de faire rêver les fans de foot, leurs fans. A tel point que pendant la première semaine de compétition, la star du Mondial, c’était la vuvuzela. Les Bleus et leur psychodrame sont parvenus à faire oublier leur jeu catastrophique et leurs contre-performances. Ils ont sauvé, pour un temps, TF1, les chaînes infos, la presse sportive, la presse quotidienne, inquiètes de voir leurs ventes et leur audiences souffrir d’une élimination précoce de notre équipe nationale. Ils ont, enfin, réussi à intéresser toute une nation, de ma boulangère à Alain Finkielkraut à leur (triste) sort et à faire – presque – aimer ce pauvre Raymond Domenech. Ce qui, avouons-le, était inimaginable il y a encore une semaine…




16
Jun 10

Internet Bullshit Award 2010 : Perdriel grand favori

Claude Perdriel, le candidat préféré du Château pour la reprise du Monde, est en pleine opération séduction. Ainsi, le patron du Nouvel Obs a demandé à un de ses magazines, Challenges, de publier sa note d’intention à propos du rachat du quotidien du matin. Et que lit-on, sous la plume du visionnaire patron du groupe Nouvel Obs ? Ça :

“En théorie, [Internet] c’est l’univers de la liberté. Dans la réalité, c’est celui des citations et rumeurs infondées. Aucune éthique, aucun contrôle, aucun moyen de démentir la fausse nouvelle. C’est pire encore que l’absence de régulation financière.”

Des rumeurs infondées ? Comme celle-là, par exemple ?