5 idées reçues sur le journaliste de (vraie) presse people.

A chaque fois que je balance ma profession à des inconnus, j’ai presque toujours droit aux même regards entendus, aux mêmes questions et aux mêmes réflexions. Alors voici une petite FAIR, foire aux idées reçues. (N.B. Par journaliste people, j’entends bien évidemment journaliste travaillant dans un magazine spécialisé dans les révélations sur les vedettes. Rien à voir avec mes consoeurs de G*** qui font un boulot très différent du mien).

  • Idée reçue numéro 1 : le journaliste people sort tous les soirs et s’arsouille gratis au champagne

Ah ah ah, la bonne blague. C’est vrai, ça paraît logique. Il faut des journalistes people pour que les marques ou les RP rentabilisent leur soirées people. Mais le journaliste travaillant dans un magazine spécialisé dans les révélations sur les vedettes (le JTMSRV) n’est invité nulle part. Ou presque. Qui voudrait envoyer un carton à un JTMSRV pour une soirée où sont aussi invitées des vedettes, prenant ainsi le risque que de voir le JTMSRV raconter dans son journal que Laurence Boccolini a bouffé tous les petits fours avant même l’ouverture du buffet ou que Christophe Dechavanne n’a pas quitté les toilettes de la soirée (ce sont des exemples, Laurence ne mange rien et Christophe ne va jamais aux toilettes, merci de ne pas m’attaquer) ?

Alors le JTMSRV n’est pas invité. Il recevra simplement les photos de la teuf par mail, le lendemain, suivies d’un coup de fil de l’attachée de presse, impatiente de savoir si le JTMSRV va lui consacrer un papier.

Mais ne soyons pas trop médisants. Le JTMSRV est parfois invité. Dans des soirées dont les RP sont incompétentes ou dont les people sont tellement moisis que les chances de retombées presse sont quasi nulles (alors on tente de soudoyer le JTMSRV avec de l’alcool), ainsi qu’à tous les lancements de jeux vidéos. Parce qu’un tas de pixel, ça n’a pas de vie privée et que les people n’y vont pas, puisqu’ils se font envoyer les jeux vidéos direct à la maison (rappelez moi de vous parler des cadeaux faits aux people, vous allez vous marrer.)

  • Idée reçue numéro 2 : le journaliste people fait ce boulot pour devenir célèbre

Ah ah ah, la bonne blague. Certes, il y en a, j’en suis sûr, qui brûlent secrètement d’envie de devenir des vedettes. Mais autant que de critiques de ciné qui brûlent d’envie de faire du ciné ou de flics qui se rêvent en Don Corleone. Car le calcul « je vais faire journaliste people pour être plus proche des stars et deviens leur ami. Y en a bien un qui va me trouver du boulot bordel » est stupide. Dans son boulot, le JTMSRV se fait plus d’ennemis que d’amis. Oh, certaines sous-vedettes désespérées sont prêtes à tout pour pactiser avec le diable. Mais franchement, devenir pote avec Elena Lenina ou Paul-Loup Sulitzer, hein, entre nous…

  • Idée reçue numéro 3 : le journaliste people devient journaliste people car il ne trouve pas d’autre job

Ah ah ah, la bonne blague. Souvent, les bien pensants, lorsqu’ils découvrent quel est mon métier, me toisent l’air narquois, m’imaginant titulaire d’un BEP compta ou d’un CAP coiffure. Mais font moins les malins quand ils apprennent (jamais par moi) que j’ai douze mille diplômes me permettant, si je n’étais pas un gros flemmard, de bosser dans une tour de la Défense- à l’Assemblée Nationale- à l’AFP.

Pourquoi tant d’années d’études pour faire les poubelles ? Parce que l’air de rien, dans mon canard, écrire des papiers, c’est pas poster sur un skyblog. Je passe sur les aspects stylistiques. Le gros défi, en fait, c’est de balancer le plus d’infos illégales possible en un millier de signes mais en réduisant au maximum les risques de payer des dizaines de milliers d’euros deux mois plus tard à Nanterre. Et ça, avec l’inique article 9 protégeant la vie privée d’une manière scandaleusement extensive dans notre beau pays, eh ben c’est pas facile.

  • Idée reçue numéro 4 : le journaliste people a honte de son métier

Ah ah ah, la bonne blague. Bon, ok, il y a bien une fois où j’étais pas fier d’apprendre (a posteriori) que j’avais un poil compliqué la vie d’une personnalité en proie à de graves problèmes de santé. Mais je me suis repris, la faute n’étant pas volontaire. Car non, je n’ai pas honte de ce que je fais. Pour deux raisons : contrairement à nos amis les faitdiversiers, nous ne déballons pas à toute la France la vie de gens qui n’ont pas demandé à être connus (coucou Christophe Hondelatte !). Celui qui veut garder une vie privée ne choisit pas une carrière publique, qui dépend du public (à qui il doit donc rendre des comptes). Donc la vie privée des stars, je m’assois dessus. Deuxième raison : nous avons des principes, nous, les JTMSRV (eh oui). Nous ne traitons pas les cocufiages tant que le cocu ne sait pas qu’il l’est. Et on n’aborde pas les crises de couple tant que les enfants, s’il y en a, ne sont pas au jus ou risquent d’en pâtir gravement. Tout comme on s’interdit les outings (pour préserver les mères fragiles) et les problèmes de santé (pour préserver notre budget procès).

  • Idée reçue numéro 5 : le journaliste people détient des tas de secrets sur les vedettes

Ah ah ah, la bonne blague. Quand un secret est bon, on le garde pas, on le publie, histoire de gagner plein de sous. Bon ok, c’est faux. On sait plein de trucs impubliables en l’état (trop hardcores, trop coûteux…). Trucs auxquels on fait finement allusion dans nos papiers, pour faire comprendre à l’intéressé que nous aussi, on sait. Et puis si on publait tout, comment je trouverais mes whois, hein ?

  • Bonus : idée reçue numéro 6 : le journaliste people sait qui est le père de l’enfant de Rachida Dati.

Ah ah ah, la bonne blague. Forte récompense au premier qui me balancera l’info et le moyen de la vérifier.

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3 comments

  1. Hum. J’ai un scoop pour l’enfant de Rachida : je ne suis pas le père. Tu me files combien ?

    (dommage, tu réponds pas à la vraie seule question que je me pose sur le JTMSRV : quand tu réclames une augmentation, comment tu le prends si on te dit : “rha non, on adore ton boulot krstv, mais la conjoncture elle est mauvaise, on a les bourses vides” et que le lendemain, tes patrons lâchent 15 000 euros à Carla ou Laam ?)

  2. Ah ah ah, la bonne blague. Nan mais en vrai, c’est une petite perle ce post.

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