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Au fait, à quoi ont-elles peur de ne pas arriver ? A élever leurs enfants. On commence à manquer d’imagination chez Closer.

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Cours Ternisien, le vieux monde est derrière toi.

Passablement occupé par la nouvelle femme qui partage ma vie depuis quelques jours, j’ai failli rater l’article commis hier par un certain Xavier Ternisien, à propos des journalistes web, ceux qu’il appelle les «forçats de l’info».

Sur ce sujet, Bakchich avait déjà fait un bon travail, neutre, journalistique. Xavier Ternisien lui, nous inflige un tract que ne renierait pas le SNJ-CGT.

Sous le prétexte, fort honorable de nous défendre, nous, les précaires«Pakistanais du web» , Xavier Ternisien discrédite le journalisme internet dans son ensemble, mettant dans un seul et même panier rue89, Slate, Bakchich, nouvelobs.com et tout un tas de rédac fort différentes (et oubliant de puissants sites comme LePost et nous, les people).

Ne soyons pas vaches, je comprends que ce pauvre Xavier a dû s’arracher les rares cheveux qui lui restent en découvrant que loin des rédactions traditionnelles, pleines de vieillards capables de ne pondre qu’un papier par semaine les jours de grand vent, croît une nouvelle génération de journalistes passionnés et connectés en permanence. Oui, connectés en permanence figurez-vous.

La tentation est grande, une fois rentré chez soi, de reprendre son papier, de l’actualiser, de lire les commentaires des internautes, de surfer sur le Net… “Nous sommes à la fois dans l’immédiat et dans le “work in progress” », résume la journaliste de 20minutes.fr. Les réseaux sociaux favorisent aussi l’interpénétration des sphères publiques et privées. “Au travail ou chez moi, j’ai les mêmes onglets ouverts sur mon écran, explique un jeune journaliste travaillant pour le site d’un quotidien. Je suis toujours sur Gmail, Facebook et Twitter. C’est ma méthode de travail. Je gère ma vie privée et ma vie professionnelle en même temps…” […] il y aurait un stress propre au média Internet. “Contrairement aux journalistes du papier, nous ne sommes pas bloqués par un délai de bouclage, souligne Cécile Chalençon, journaliste à 20minutes.fr. Dans l’absolu, on pourrait ne jamais s’arrêter. Nous fonctionnons sur le modèle d’une radio, en diffusant un flux d’infos en continu, mais sans avoir les mêmes moyens financiers ni les mêmes effectifs.”

Et ça, à Xavier Ternisien, ça lui fiche la trouille. En bon journaliste du Monde, il ne connaît que le modèle «balancer aux SR ses 3000 signes tous les deux-trois jours puis, une fois le papier envoyé, s’en laver les mains et boire un Picon-bière avec les copains ouvriers du livre. Imaginer que de petits jeunes travaillent plus vite que lui doit le rendre malade.

Alors Xavier tente de se rassurer : les petits jeunes travaillent plus vite certes, mais travaillent plus mal. Après une longue enquête menée dans son bureau du 13ème arrondissement, il en a la preuve :

Les témoignages abondent, le plus souvent sous anonymat. Ces jeunes journalistes ont encore leur carrière devant eux et ne souhaitent pas la compromettre. C’est le cas de cette jeune femme de 24 ans, qui a travaillé de 2006 à 2008 en contrat de professionnalisation au Nouvelobs.com. Elle décrit un travail bâclé, le copier-coller de dépêches d’agence “en reformulant vaguement, sans jamais vérifier, faute de temps”.
Un matin, elle commence sa permanence à 5 heures, mal réveillée. Une dépêche passe, sur le sommet de la Ligue arabe. Puis une autre, qui parle du premier ministre israélien. Elle mélange les deux et annonce qu’Ehoud Olmert participera au sommet. “L’info est restée deux heures en ligne, jusqu’à ce que mon chef arrive et me dise : “Tu crois pas qu’il faudrait faire plus gros là-dessus ?” C’est là que je me suis rendu compte de mon erreur. J’avais lu la dépêche en biais. J’aurais eu deux minutes pour me retourner, je n’aurais jamais écrit un truc pareil !”

Car oui, les médias internet se trompent, parfois, en relayant des informations. Au contraire de la presse papier qui, elle, vérifie systématiquement TOUTES les dépêches AFP publiées dans ses colonnes. Tout comme, aussi, les radios et les chaînes d’info en continu qui ne reprennent JAMAIS l’AP, Reuters ou l’AFP sans avoir préalablement dépêché une équipe pour checker les infos….

Après, à propos de la précarité du secteur… c’est vrai. Les CDI sont l’exception, les rémunérations plus basses que dans le papier. Mais, comme le dit Mettout, beaucoup de journalistes web sont des débutants, la plupart des journalistes en place considérant le web comme dégradant. Puis Internet reste un média jeune, peu rentable, très concurrentiel et, contrairement à la presse quotidienne, pas subventionné par l’Etat…

NB : Un bon papier à lire, là (comme quoi, il n’y a pas que des crétins dans le cursus journalisme de l’IEP)

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