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Boris Boillon, Zahia, même combat ?

Boris Boillon n’est pas content. Pensez-donc. Il vient d’être nommé pour sauver la diplomatie française et le net ne parle que de son fail à la télé tunisienne. Alors pour que les journalistes s’intéressent à autre chose, il a décidé de reporter l’attention sur la photo le représentant tout en muscle et en moule-bite homologué piscine municipale.

Mais attention, pour ne pas avoir trop l’air de faire le mec qui te parle de ses biceps pour te faire oublier ce qu’il (n’) a (pas) dans sa tête, il a décidé de jouer la carte de l’exaspération face à ce-débat-au-dessous-de-la-ceinture. Un anti effet Streisand, en quelque sorte : menacer d’attaquer les médias qui publieraient la photo de lui en slip pour que tout le monde ne parle plus que de cette photo en slip.

Ainsi, ce soir, l’AFP nous apprend que Jean-Marc Fedida met en demeure les médias français et du monde entier de stopper la diffusion du cliché incriminé : Boris Boillon “n’a pas donné autorisation à quelque média que ce soit de diffuser et de publier des images privées, prises à l’occasion de moments privés et destinées à un usage privé”, explique-t-il, menaçant “de saisir toute juridiction utile tant en France qu’à l’étranger afin de faire sanctionner les débordements occasionnés par l’utilisation illicite de son image”.

Techniquement, si l’on suit l’article 9 du code civil, Boris Boillon est fondé à demander le retrait de sa photo. Même s’il l’a mise tout seul comme un grand sur Copains d’avant et qu’il argue désormais, avec force mauvaise foi, de son aspect privé. Car publication sur ce site n’implique pas autorisation implicite de réutilisation ailleurs. Techniquement encore, il peut gagner des dommages et intérêts. Pas beaucoup, car il s’est lui-même exposé sur un site public, avec un profil non-protégé, ce qui atténue la faute du média qui republie.

MAIS : souvenez-vous de la jurisprudence Zahia. En avril dernier, VSD, qui avait publié des photos de la jeune femme tirées de son compte Facebook, avait été assigné pour atteinte au droit à l’image et à la vie privée. Et, contre toute attente, le magazine avait gagné contre la bimbo, le tribunal ayant considéré que ces clichés étaient “une illustration pertinente d’un événement d’actualité, […] une image qui semble en rapport étroit avec la procédure la concernant”.

Ce jugement est-il un feu vert à la publication de la photo de Boris en moule-bite ? Pas tout à fait, car il faudra prouver que celle-ci est pertinente, et apporte un éclairage légitime de l’actualité. Avec un bon avocat et un peu d’argent ça se plaiderait… si la photo n’était pas déjà partout. Là, l’intérêt est limité, en terme de ventes – print – et de trafic : le ratio risque juridique / rentabilité ne vaut pas le coup… (et ça ferait trop plaisir à ce bon vieux Boris hum hum Boillon).

Tags: avocat, Boris Boillon, Droit à l’image, Effet Streisand, justice

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