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Final Fantasy VIII

Chrono Trigger connait une suite : Chrono Cross. Si son développement n’est plus assuré par tous les responsables du premier opus, une partie de celle de Xenogears sera impliqué au projet. Contrairement à Trigger, le thème du jeu se penche cette fois ci sur les mondes parallèles. À la même époque, Vagrant Story sort. Après le succès de Final Fantasy Tactics, Matsuno a les coudées franches pour créer ce RPG à l’environnement riche et au gameplay atypique.

Final Fantasy IX débarque à peine un an après le VIII. Une arrivée rapide qui s’explique par le fait qu’il a été développé en parallèle par une autre équipe (système adopté par Square pour sortir des Final Fantasy à un rythme régulier) et cela se voit. Il se démarque grandement de ses deux prédécesseurs déjà par son aspect avec un retour au médiéval et à l’heroic fantasy. On parle véritablement d’un retour aux sources avec des références aux épisodes précédents et des personnages en SD créés par Amano qui revient au character design pour cet opus. Le gameplay revient à un système de jeu plus rigide où chaque personnage a ses capacités propres. Ses ventes semblent montrer un essoufflement de la série avec 5,3 millions unités dans le monde (dont 2,8 au Japon).

Final Fantasy IX

Mais l’année 2000, c’est surtout l’arrivée de la Playstation 2 et Square a plus que jamais des projets de grandes envergures. Sony tient à conserver cet allié de poids, capable de faire vendre des consoles uniquement pour ses jeux. C’est pourquoi, Sony acquière 20 % des actions de Square.

Ayant rompu tout lien avec Nintendo, Square n’édite plus sur les portables de la firme de Kyoto. C’est pourquoi ils vont être un des rares éditeurs à soutenir la WonderSwan Colorde Bandai. La société y éditera surtout des remakes (Final Fantasy entre autres) mais aussi des jeux originaux.

Le premier gros projet sur Playstation 2 est The Bouncer, un Beat’em up. Visuellement intéressant, il déçoit par sa durée de vie anémique et le jeu ne sera pas rentabilisé. Mais peu importe pour Square car deux projets importants arrivent pour 2001 : Final Fantsy Xbien sûr mais aussi le film Final Fantasy The Spirit Within (Les créatures de l’esprit chez nous).

Parlons d’abord de Final Fantasy X. Développé par l’équipe à l’origine de FFVIII, cet opus est le premier à proposer des décors cette fois-ci en 3D et des voix pour les personnages. Le jeu impressionne comme toujours graphiquement et le gameplay est grandement renouvelé par un nouveau système de jeu : le sphérier. Pourtant pour le premier opus d’une nouvelle console, il n’est pas à proprement parler révolutionnaire. On peut aussi reprocher que les séquences de dialogues et les cinématiques prennent un peu trop le pas sur les phases de jeu. Ajouter à cela des personnages peu charismatiques et au look qui ne laissera personne indifférent. Bref, trop classique, trop bavard, la série semble avoir du mal à se renouveller. Mais ça ne remet pas en cause son succès auprès du grand public avec près de 8 millions de jeux vendus (dont 3 millions au Japon).

Final Fantasy X

Venons-en au cas du film Final Fantasy. Réalisé par Hironobu Sakaguchi, le film créé par Square Picture est entièrement en images de synthèse. C’est d’ailleurs l’un des premiers essais en matière de photoréalisme. Au-delà de la prouesse technique encore une fois, passons l’aspect artistique pour parler directement des conséquences : Sorti durant l’été 2001, le film sera un gros échec commercial ! D’abord, il coupe net tous les espoirs cinématographiques de Square et entraine la fermeture de Square Picture. Ensuite (et surtout) il laisse un trou de plus de 120 millions de dollars dans les comptes de la société. Devant ce désastre, le président de l’époque Hisashi Suzuki démissionne de son poste et est remplacé par Yoichi Wada. Sakaguchi lui aussi présente sa démission mais on refuse qu’il quitte Square et y reste finalement en tant que producteur exécutif. Cette crise est symptomatique de la politique de la société en matière de jeu dans « le toujours fort et toujours plus beau » qui entraine un investissement toujours plus élevé à chaque développement et une augmentation des risques. Contraitement à son concurrent, Enix est, disons, plus sobre dans ses productions.

Hironobu Sakaguchi, créateur de la saga Final Fantasy
Autre conséquence directe, la diminution des projets et des sorties de jeux dans les années qui ont suivis. Mais les problèmes ne sont pas finis pour Square. Final Fantasy XI arrive en Mai 2002. Le jeu, présenté dès 2000, doit constituer le fer de lance du nouveau service en ligne de la société : PlayOnline. Et oui ! En rupture avec la série, cet opus est un MMORPG. Cette orientation a été prise sous l’impulsion de Sakaguchi qui est un grand fan d’Ultima Online. Mais le jeu a un démarrage très poussif : on atteint les 70 000 connectés la première semaine pour tendre vers 150 000. Il faut dire aussi que la mise en place du jeu en ligne sur Playstation 2 est assez compliquée, ce qui rebute certains joueurs. Problème, il faut 200 000 abonnés pour arriver à rentabiliser l’affaire ! Heureusement, ils parviendront à ce chiffre grâce à la sortie du jeu sur PC en fin d’année. Le jeu finira par avoir une base confortable d’abonnés avec l’arrivée du soft sur les autres territoires et connaitra 4 add-ons par la suite

Hélas ce n’est pas comme cela que Square va rapidement se renflouer. Mais Yoichi Wada est l’homme de la situation et va s’employer à rééquilibrer les comptes durant l’année 2002. Déjà Square peut commencer à souffler avec Kingdom Hearts, un action RPG faisant l’étrange mélange des univers de Disney et de Final Fantasy. Même si d’un point de vue artistique, on peut se poser des questions, le jeu dirigé par Tetsuya Nomura est une affaire plus que rentable avec 5,5 millions de copies dans le monde. Cela va s’en dire qu’ils tiennent là une nouvelle franchise.

Kingdom Hearts

Pour en revenir à Wada, c’est sous son impulsion que le projet d’une suite direct à Final Fantasy X voit le jour. C’est inédit car comme chacun sait, chaque opus possède sa propre histoire et univers complètement indépendants par rapports aux autres. Le jeu en développement est sobrement nommé Final Fantasy X-2. La série principale n’est pas oubliée et le développement de Final Fantasy XII débute cette année là sous la direction de Matsuno.

Mais l’année 2002, c’est surtout le rétablissement des relations avec Nintendo. En ces temps de soucis économiques, Square ne peut pas se permettre de se priver du marché de ses consoles (surtout les portables). La sortie de Chocobo Land: A Game of Dice sur Game Boy Advance marque cette réconciliation. Même si Square remonte la pente, nous connaissons tous la suite avec la fusion inattendue avec son éternel concurrent Enix. Selon les conditions déjà évoquées dans l’historique d’Enix.

Les derniers jeux sortis sous le label Square sont Final Fantasy Tactics Advance etFinal Fantasy X-2. On peut se demander si cette suite, une sorte de « RPG fashion victim », était nécessaire d’un point de vue purement vidéoludique. Le comptable de Square à l’époque me signale que oui car avec 2,4 millions de jeux vendus au Japon, la société opère la fusion avec ses comptes assainis.

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